Idée reçue · Rendement
« Produire de l'hydrogène, c'est gaspiller de l'énergie »
Ce que disent les faits
La transformation d'électricité en hydrogène, puis de nouveau en électricité, entraîne des pertes à chaque étape. Un électrolyseur actuel convertit environ 60 à 70 % de l'électricité consommée en énergie chimique stockée dans l'hydrogène. Après compression et passage dans une pile à combustible, la chaîne complète restitue de l'ordre de 25 à 35 % de l'électricité initiale. Une batterie, en comparaison, en restitue généralement plus de 80 %.
Ce rendement plus modeste oriente l'hydrogène vers les usages où il apporte un avantage décisif. C'est le cas lorsque l'énergie doit être stockée en grande quantité ou sur de longues durées, d'une saison à l'autre par exemple, ou lorsque l'autonomie et la rapidité de recharge priment, comme pour les poids lourds, les bus ou certains engins. Dans ces situations, la comparaison porte sur l'ensemble du service rendu, au-delà du seul rendement.
L'hydrogène permet aussi de valoriser une électricité renouvelable produite au moment où le réseau en a peu besoin, et qui serait sinon perdue. La chaleur dégagée par l'électrolyse peut en outre être récupérée pour un réseau de chaleur ou un procédé industriel, ce qui améliore nettement le bilan global. Enfin, les rendements progressent à mesure que les équipements gagnent en maturité, grâce aux travaux menés par les fabricants et les laboratoires.
Pour aller plus loin
- Explorer la chaîne de valeur pour situer chaque étape, de la production à l'usage, et ses acteurs régionaux.
- Lire le portrait de l'ingénieure qui mène les essais d'endurance des électrolyseurs à Vandœuvre-lès-Nancy.
- Repérer sur la carte les projets qui récupèrent la chaleur de l'électrolyse.